PATRIMOINE ARCHITECTURAL

Patrimoine architectural de Dakar

Ce circuit vous amène, à travers la visite du patrimoine architectural de la ville . vous pourrez admirer les plus beaux bâtiments de la capitale en arpentant les rues animées du centre ville.

Distance du circuit : 6 km

Durée approximative du parcours à pied : 1h30

circuit

26114199_1630628193660538_6278209632695529143_nInstitut Pasteur

Architecte : Jack Girodas

Construit en 1923
Inauguré en 1937
Fondation de droit sénégalais en 2009
Classé, bon état

Avenue Pasteur, Plateau

L’institut Pasteur de Dakar tient son origine d’un institut de microbiologie créé à Saint-Louis par Emile Marchoux. C’est dans cet institut que commencèrent des travaux sur le paludisme et la maladie du sommeil. En 1913, ce laboratoire est transféré à Dakar où il fut d’abord implanté au niveau du Cap Manuel. En 1924, une convention est signée avec l’Institut Pasteur à Paris créant officiellement l’Institut Pasteur de Dakar. En 1937, date d’inauguration de ce bâtiment, l’Institut Pasteur de Dakar à la mission de production de vaccin antiamaril (contre la fièvre jaune). Après l’indépendance du Sénégal, deux conventions sont signées entre l’Institut Pasteur de Paris et le gouvernement pour permettre à l’établissement de poursuivre son travail.

L’institut a été créé avec d’autres instituts (notamment l’Institut d’Hygiène Sociale) par le gouverneur général Brévié afin de stimuler la recherche scientifique.

Actuellement c’est un centre de recherches, d’enseignement et d’expertise médicale orienté vers l’amélioration de la santé publique par la prévention et le traitement des maladies.

Bâtiment d’angle en forme de L, il allie le style art déco et une version épuré du style soudano-sahélien, proche du lycée Lamine Guèye et du musée de l’IFAN.


maternitc3a9-le-dantecMaternité de l’hôpital Aristide Le Dantec

Architecte : Henry Adenot

Construite en 1930
Classé

Avenue Pasteur, Plateau

La maternité a été financée par le gouvernement général de l’AOF. Elle est l’une des premières constructions réalisées dans le style soudano-sahélien. Elle se caractérise par des pylônes en forme d’obélisque aux angles des bâtiments, ou rythmant la façade, s’y ajoute des motifs géométriques simples pour souligner les ouvertures.


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Hôpital principal de Dakar

Construit en 1880

Hôpital militaire d’instruction sénégalaise en 1971

Les premières traces du projet de construction d’un hôpital à Dakar remontent aux années 1850. Il y eut une infirmerie en 1857 avec deux lits, puis un embryon d’hôpital avec un médecin en bordure de la place centrale (actuellement place de l’indépendance) au tout début de la construction de la ville. Le premier nom de la rue Beranger Ferraud fut d’ailleurs rue de l’hôpital.

La construction de l’hôpital principal de Dakar, structure militaire, fut précipitée par la tragique épidémie de fièvre jaune de 1878 qui frappe Gorée, Dakar, Rufisque puis Saint-Louis faisant 750 décès. L’objectif était de désengorger l’hôpital de Gorée. A l’époque, Gorée disposait d’une ambulance de 40 lits (5 lits d’officiers, 10 lits de sous-officiers, 25 lits de soldats). Pendant l’hivernage, le nombre de malades hospitalisés atteignait la centaine avec les évacuations des établissements de la côte ouest africaine dues notamment aux inondations. Deux solutions étaient alors envisagées : agrandir l’ambulance ou construire un nouvel hôpital à Dakar. Avec l’épidémie de fièvre jaune de 1878 qui décima beaucoup de personnes, tuant 22 des 26 médecins et pharmaciens militaires français, la deuxième solution fut adoptée et sa mise en œuvre accélérée. Le site de l’hôpital fut choisi sur un site élevé et dégagé au nord du plateau et éloigné du port où se regroupe la population et des zones marécageuses jugées insalubres. L’hôpital est inauguré en 1884 et les religieuses de Saint-Joseph de Cluny assurèrent les soins. L’hôpital de Gorée est détruit en 1880 sur la demande du médecin inspecteur Walter.

A l’origine, l’hôpital se divisait en sept bâtiments dont six qui se faisaient face. On comptait à cette époque 125 lits et 25 lits d’isolements. Cet ensemble constitue un noyau central autour duquel l’hôpital s’est agrandi à travers la construction d’annexes. Il s’est développé en trois étapes : lors de l’épidémie de fièvre jaune de 1900, pendant les années 1930 et après la deuxième guerre mondiale.

L’hôpital principal de Dakar constitue un ensemble d’architecture coloniale. Les huit bâtiments qui entourent la cour intérieure sont tous reliés pas des galeries, au rez-de-chaussée et à l’étage, toutes naturellement ventilées et ombragées. Ces coursives bordées d’arbres expliquent le surnom de « cloitre » donné à ce lieu. Partout dans le complexe se répètent des gardes corps ajourés en brique avec un motif en croix. Un autre motif récurrent sont les pignons avec auvent surmonté d’un œil de bœuf. Le premier bâtiment qui abritait la chefferie présente des renforcements colonnaires en forme de canon selon un style attribué au colonel Gallieni. Une place commémore la mort en 1905 du célèbre marin et explorateur Savorgnan de Brazza.


Palais_présidentiel_à_DakarPalais de la République

Architectes : Deglane et Dumesnil

Construit en 1903
Classé, très bon état.

Avenue Léopold Sédar Senghor, Plateau

Le palais a été construit à l’initiative du Gouverneur Général Ernest Roume et du Ministre des colonies Gaston Domergue. Avant d’être le Palais de la République, il a été en 1903 le Palais du gouverneur général et en 1940 le Palais du haut commissariat de l’AOF. Le premier occupant du palais est le gouverneur général Roume. Pierre Messmer fut le dernier Haut Commissaire de l’AOF à y séjourner (1957-1959).

En 1960, le Sénégal devient un Etat indépendant et le palais a vu se succéder tous les présidents sénégalais : Léopold Sédar Senghor de 1960 à 1980, Abdou Diouf de 1980 à 2000, Abdoulaye Wade de 2000 à 2012 et Macky Sall depuis 2012. Quand le président de la république y séjourne, le drapeau national est hissé sur le toit du portique.

Le palais fut longtemps le premier édifice que l’on apercevait du large. En effet, la façade arrière du palais domine la mer et Gorée alors que sa façade avant ferme le boulevard de la république. L’édifice est de style néoclassique avec un toit en tuile verte. Il comprend deux niveaux plus un étage d’attique avec terrasse périphérique. A l’origine, il était surmonté d’un clocheton central. En 1950, le bâtiment a été très largement modernisé par le haut commissaire Paul-Béchard.


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Cathédrale de Dakar

Architecte : Charles Albert Walffleff

Construite le 11 novembre 1923
Ouverte au culte le 31 mars 1929
Restaurée en 2006
Classé, bon état

Boulevard de la République, Plateau

Le projet d’une cathédrale commémorant les combattants africains morts pour l’expansion de la France a été initié en 1913 par Monseigneur H.-J. Jalabert et le Père Daniel Brottier.

A l’origine, l’édifice devait s’élever au niveau de la place Protet mais cet emplacement fut éliminé. Finalement, la colline rose fut sélectionnée et le terrain de l’ancien cimetière fut acquis le 16 mars 1923. A cet emplacement, avant l’édification de l’église, se trouvait un quartier traditionnel lébou. Il y a avait un baobab avec au-dessus une photo de la Sainte Vierge, lieu où se retrouvaient les catholiques tous les dimanches. A cause de cette affluence, les lébous ont décidé de donner ce terrain et de déménager vers la Médina.

L’architecture de la cathédrale mêle style néo-soudanais (ses deux tours) et le style byzantin (son dôme central et ses terrasses). La face nord est marquée par la grande coupole de 60 mètres de circonférence et est ornée de quatre anges cariatides (statues de femmes servant à supporter une corniche) aux ailes déployées de 3 mètres de haut sculptés par Anna Quinquaud. Le bourdon (cloche) et les quatre cloches proviennent des fonderies de cloches d’Orléans, les portes ont été exécutées par les orphelins d’Auteuil. L’édifice est long de 60 mètres sur 15 mètres de large et possède deux tours de 31 mètres de haut. La Cathédrale du Souvenir Africain est la plus grande église de Dakar.

Lors de modifications en 1962, l’inscription « À ses morts d’Afrique la France reconnaissante » que l’on pouvait lire sur le grand portique est remplacée par « À la Vierge Marie Mère de Jésus le Sauveur ». La cathédrale a été rénové à plusieurs reprises, la dernière datant de 2006 sur demande du président Abdoulaye Wade. C’est dans cette cathédrale que furent célébrées les obsèques du président Léopold Sédar Senghor en 2001.


27_bigChambre de commerce de Dakar

Architecte : Brun

Construite le 19 avril 1926
Ouverture en 1929
Bon état, classé

Place de l’indépendance

En 1887, la ville de Dakar devient une commune indépendante de Gorée et doit désormais posséder sa Chambre de Commerce. Le rôle de la Chambre de Commerce est de représenter les intérêts généraux des différents secteurs économiques et de participer au développement économique et social de la région. Plusieurs locaux ont d’abord été occupés avant la construction de ce bâtiment : l’ancien commissariat de police puis un cabinet à l’Hôtel de Ville. Le bâtiment a été construit sur le terrain d’une ancienne église et de son cimetière détruits plusieurs années auparavant.

A l’origine, l’Hôtel des Postes devait également se trouver sur cet emplacement. Entre temps, il fut installé au boulevard Pinet-Laprade. C’est ainsi que dans un premier temps, la Chambre de Commerce occupait l’ensemble du bâtiment. Plus tard, pour des raisons économiques l’emplacement fut divisé et une partie fut réservée aux services de polices.

Le bâtiment est un exemple d’architecture néo-classique, la symétrie, la régularité, le socle sur lequel il repose donne à l’édifice sa monumentalité. La façade s’ouvre sur un vestibule à hautes colonnades. Le plan est carré avec une disposition périphérique des salles autour d’un péristyle. Au centre se trouve la grande salle de réception. Les matériaux de construction utilisés sont le béton armé et les agglomérés de béton enduits de ciment blanc. A l’arrière du bâtiment on peut voir une tête de lion sur le mur : à l’origine, un jardin devait entourer l’édifice. Le contrat des travaux fut signé entre Monsieur J.L.Turbe, entrepreneur, et le président de la Chambre de Commerce de Dakar.


2-marche-kermelMarché Kermel

Construit en 1910
Reconstruit à l’identique en 1995 suite à un incendie en 1993
Inauguré en 1996

En 1865, Jean Marie Pinet Laprade, directeur des ponts et chaussées de Gorée, prépare un projet d’alignement pour le futur établissement de Dakar. Un plan directeur faisant référence au projet d’une « place de forme irrégulière […] réservée dans le quartier de l’est ou place du marché », fut approuvé par arrêté du 1er juillet 1862.

Le nom Kermel lui a été donné en hommage à Eustache Jean Quernel, gouverneur du Sénégal de 1933 à 1934. A travers le temps l’orthographe fut déformée pour devenir Kermel.

Le bâtiment est polygone à 12 cotés avec 3 portails d’inspiration mauresque ornés de céramiques colorées. Chaque coté est constitué de grilles en fer forgé surmonté par un arc métallique. Un lanterneau, tourelle ajourée, central permet la ventilation et les douze lucarnes en œil de bœuf offrent un éclairage. La structure est en poteaux de fonte avec remplissages de briques. La charpente est en acier riveté et la toiture en tôle ondulée. Les éléments métalliques ont été fabriqués en France et acheminés en pièces détachées, tout comme les frises décoratives.


hotel-de-villeHôtel de ville

Construit en 1914
Réfectionné en 1963 et 1965
Classé, bon état

Allée robert delmas, boulevard El Hadj DjilyMbaye, Plateau

L’Hôtel de ville fut édifié à l’emplacement de l’ancienne Maison des Frères du Saint-Esprit. C’est le second maire de la commune de Dakar, Emile Masson (1908-1919), qui en est à l’origine. La ville de Dakar avait été érigée en commune de plein exercice le 25 mai 1857.

C’est un bâtiment de style empire à deux niveaux, le corps central est constitué de cinq travées en arcade au rez-de-chaussée. A l’intérieur, il s’ouvre sur un vaste hall avec un escalier monumental conduisant à une salle des fêtes où sont célébrés les mariages. Le toit est en tuile rouge et sa façade porte un décor sculpté en stuc de pierre.


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Gare ferroviaire de Dakar

Construite en 1910
Inaugurée le 22 janvier 1920
Classé, bon état

Place du tirailleur, Plateau

La gare ferroviaire est inaugurée en 1885 pour accueillir la ligne Dakar–Saint-Louis, mais à l’époque elle n’était qu’un simple bâtiment en bois.

Les travaux de construction de la gare actuelle ont commencé en 1910. La gare desservait les destinations de Saint-Louis et Bamako.

A l’époque la ville de Dakar n’était pas la grande ville commerciale que nous connaissons, le chemin de fer permit à la ville de se développer et de prendre un certain essor économique.

Sa façade est néo-mauresque alliant grandes arches en persienne et décors en céramiques colorées. L’édifice est en forme de U avec au centre le hall des voyageurs et sur les côtés deux corps de bâtiments abritant les bureaux et guichets au rez-de-chaussée et à l’étage les logements de fonction.

NB : Actuellement en réfection (Projet TER )


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Institut d’hygiène sociale

Architecte : Henry Adenot

Construit en 1931
Classé, bon état

Avenue Malick Sy, avenue Blaise Diagne, Médina

L’Institut d’Hygiène Social était dénommé « Polyclinique Roume » car il recevait des malades de toute l’Afrique de l’Ouest atteints de maladies infectieuses. L’institut était fréquenté par les indigènes.

Le Général Brévié de l’AOF (1930 à 1936) est l’instigateur de cette construction. Il souhaitait que le bâtiment soit d’un style arabe mais son intervention tardive n’a pas permis à l’architecte d’apporter des modifications.

L’architecture est de style soudano-sahélien avec les pilonnes en forme d’obélisque. La façade est agrémentée de bandeaux en dents de scies, de meurtrières de ventilation et de gargouilles à la base des toitures. L’ensemble est établi selon une forme de U. De nombreuses annexes ont été ajoutées par la suite.


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Assemblée Nationale

Architectes : D. Badan et Roux Dorout

Construite en 1954

L’Assemblée Nationale rassemble 150 députés sénégalais qui sont élus au suffrage universel direct pour cinq ans. Le nombre de députés n’a cessé d’augmenter depuis l’indépendance. Elle a été instituée le 20 aout 1960.

Elle a été inaugurée en 1956 pour abriter le Grand Conseil de l’Afrique Occidentale Française (AOF), Assemblées représentatives, composées d’Européens et “d’indigènes”, élus au suffrage universel puis l’Assemblée législative de la Fédération du Mali (1959-1960).

Donnant sur la Place Soweto, l’Assemblé Nationale possède tous les critères d’un bâtiment moderne : un rez-de-chaussée sur pilotis, une coursive au dernier étage et une façade en mur rideau. L’entrée du bâtiment se présente par une grande façade vitrée et l’allée principale s’impose avec son chemin carrelé, sa boucle goudronnée et ses escaliers à fontaine.


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Musée Théodore Monod d’Art Africain de l’IFAN Cheikh Anta Diop

Construit en 1931
Rénové en 1995

Horaires d’ouverture : du Mardi au Dimanche, de 9 h à 18h

De style soudanais, ce musée appelé « musée de Dakar » ou « musée de l’IFAN », est composé de deux pavillons et des annexes. Le premier pavillon est l’ancienne résidence de Blaise Diagne, premier député africain.

Le musée Théodore Monod fut tout d’abord le siège de l’Administration générale de l’Afrique Occidentale Française, puis l’Institut Français d’Afrique Noire dont Théodore Monod fut le premier directeur. Après l’indépendance du Sénégal, l’établissement devient l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) et est rattaché à l’Université de Dakar. Il est consacré aux arts premiers en Afrique occidentale. Néanmoins, ses premiers enregistrements d’objets d’Ar datent de 1941.

Le musée d’art africain de Dakar est donc consacré aux arts et traditions de l’Afrique de l’Ouest et compte près de 9 000 objets dont 300 sont exposés de manière permanente : masques, statuettes, tambours, poterie, céramiques, vannerie, textiles etc. L’exposition permanente présente des collections sur l’art africain traditionnel et des expositions temporaires présentent l’art contemporain local ou étranger.

Le premier pavillon abrite les expositions sur l’art africain et les objets ethnographiques. Il relate des scènes de la vie quotidienne traditionnelle africaine : cérémonies (naissances, funérailles, initiations), rites d’apaisement chez les Yoruba du Nigeria, sorties de masques chez les Sonoufo de la Côte d’Ivoire. Le second pavillon reçoit les œuvres internationales d’art et expose les pièces de la Biennale Dak’Art. Il abrite une salle de conférence et de documentation mais également les loges pour le conservateur et les gardiens. Les annexes servent de chambres de passage et d’ateliers d’animations.

En 2007, le musée change de nom et porte à présent celui de son fondateur, Théodore Monod.

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